REPRODUCTION

1. Avant la Fécondation

Ne pouvant se déplacer pour s’accoupler, les huîtres pratiquent la fécondation externe : en été, mâles et femelles dispersent simultanément leurs produits sexuels dans la mer où ils se rencontrent au hasard. Tantôt mâles, tantôt femelles, les huîtres sont dites à hermaphrodisme successif, elles changent régulièrement de sexe. Ces changement dépendent de facteurs externes (température, salinité, alimentation) et de facteurs internes (hormones).

L’huître creuse est ovipare :
Son changement de sexe s’opère après chaque saison de fécondité. La femelle évacue ses ovules dans le milieu marin, elle en produit entre 20 et 100 millions. Le mâle, lui, produira encore plus de spermatozoïdes. Leur fécondation aura lieu dans l’eau au gré des courants.

L’huître plate est vivipare :
Son changement de sexe s’effectue après chaque émission de produits génitaux. La femelle garde ses ovules dans la chambre inhalante qui se trouve à l’intérieur de la coquille. Les ovules y sont fécondés par la semence du mâle qui pénètre avec l’eau filtrée par la femelle. 8 à 10 jours plus tard, les œufs devenus larves sont expulsés hors de l’huître. L’huître plate produit entre 5 mille et 1,5 millions d’ovules.

Chez les huîtres adultes de 2 ans, la formation des gamètes débute en février-mars dés que la température de l’eau est supérieure à 10°C. En juin-juillet, les glandes génitales hypertrophiées sont d’aspect laiteux (les huîtres sont alors dites laiteuses). L’émission des gamètes ne peut se faire que si la température de l’eau de mer est égale au moins à 18°C . Ainsi sur les côtes charentaises, cette ponte a lieu fin juillet, courant août, et se fait à la faveur d’un changement de temps (orage par exemple). Notons que sur les bassins bretons et normands, les huîtres ne peuvent pas se reproduire faute de température suffisamment élevée. Une même huître peut pondre plusieurs fois par saison. Tous les individus n’étant pas synchrones, l’émission de gamètes s’étale sur 2 mois.


2. Après la Fécondation

Une fois les semences libérées dans l’eau, il y a fécondation, cela aboutit à un œuf. En 24 à 48 heures, l’œuf évolue en larve trocophore (en forme de toupie) puis devient une larve véligère (= 70µm) flottante ciliée et protégée par 2 valves égales.

La larve se nourrit de petites algues microscopiques (Diatomées) et de protozoaires flagellés du plancton. Sa croissance est plus rapide quand la température de l’eau est supérieure à 22°C et la salinité inférieure à 34‰ (34g de sel par litre d’eau de mer). Le taux de survie des larves est de l’ordre de 10% quand les conditions sont satisfaisantes.
Peu à peu, les valves de la coquille deviennent inégales et plus lourdes. Un pied se développe, la larve est alors appelé pédivéligère. Environ 20 jours après la fécondation, les pédivéligères (300µm) se fixent sur un support solide et propre grâce à une sécrétion du pied qui permet la fixation au support de la valve gauche.

Ensuite la larve fixée s’appelle naissain. En 18 mois environ, elle deviendra une jeune huître. Adulte à 2 ans, l’huître est d’abord mâle puis femelle à 3 ans et ainsi de suite de façon alternative.

SCHEMA FECONDATION

Rq :En Bretagne et en Normandie où la température de l’eau ne permet pas l’émission des semences dans le milieu naturel, ces semences sont transformées en chair par l’huître à la fin de la période de ponte, en septembre-octobre. Les ostréiculteurs ne possédant pas de semences naturelles, font appel à des écloseries pour leurs larves ou leur naissain ou à des producteurs de naissain naturel.



Les écloseries :
En France la production de naissain est encore aujourd’hui marginale. Elle se fait en milieu contrôlé, la technique étant au point. Seules les considérations économiques et sociales freinent la production.
Même si les capacités de production des écloseries restent relativement faibles, celles-ci sont à la fois des auxiliaires indispensables à la profession conchylicole et nécessaire à l’approfondissement des connaissances des phénomènes de biologie marine.
De plus, ces établissements permettent d’obtenir du naissain de qualité déterminée à des dates échelonnées dans le temps et peuvent également permettre l’implantation d’une nouvelle espèce sans risques d’introduction d’organismes étrangers éventuellement nuisibles…
Dans notre région, existent 2 centres de production de naissains (huîtres creuses et plates, palourdes européennes et japonaises) : la ferme aquacole des Brenières et la Satmar à Barfleur.
Cet établissement travaille depuis 1985 sur la technique du télécaptage pour lequel il produit des larves oeillées (12 millions en 87, 300 millions en 89) qui sont vendues aux conchyliculteurs avant leur fixation sur un support. Il fournit également des microalgues (phytoplancton) nourriture de base lors des premiers jours du télécaptage.