NUTRITION








1. Le Mode de Nutrition

La nourriture des huîtres est en suspension dans l’eau de mer. Elle va pénétrer dans la cavité palléale de l’animal avec le courant inhalant (1) du côté du bord ventral. La nourriture est prélevée par filtration de l’eau grâce aux branchies. Celles-ci peuvent filtrer un volume d’eau variant de 3 à 4 l/h jusqu'à plus de 20 l/h. Outre leur rôle respiratoire, elles présentent une adaptation remarquable : elles sont tapissées de microscopiques cils vibratiles, dont le mouvement coordonné crée un courant d’eau qui apporte les fines particules. Celle-ci sont alors piégées, enrobées et agglutinées par du mucus (2) (sécrété par les branchies), puis seront dirigées, le long des filaments branchiaux par les courants ciliaires, vers la bouche. Un tri s’effectue tout au long du trajet et juste avant la bouche, les particules sont triées par les palpes labiaux (3). Seules les particules d’une taille moyenne de 10 µm et moins sont ingérées dans la bouche (4). Les autres particules trop grosses, en excès ou toxiques sont rejetées et constituent le pseudo-fécès.

Les particules ingérées sont, broyées au niveau de l’estomac par le stylet cristallin qui fond à mesure en libérant des sucs digestifs (5), puis une partie est digérée là grâce aux enzymes de ce dernier. L’autre partie subit une action enzymatique au niveau des diverticules digestifs de l’hépato-pancréas (6) qui entoure l’estomac.

L’absorption des nutriments se fait à la fois dans les diverticules digestifs de l’hépato-pancréas et dans la partie antérieure de l’intestin grêle. Ces molécules nutritives sont alors prises en charge par le sang qui les distribue à tous les organes de l’huître.

Ce qui n’est pas digéré transite par l’intestin (7) et est rejeté au niveau de l’anus (8) situé près du muscle adducteur. Ces déchets ou fèces constituent les vraies crottes et sont donc évacués avec le courant exhalant (9) du côté du bord dorsal de l’huître. Ainsi les fèces participent activement à l’exhaussement des fonds conchylicoles.



2. La nourriture des huîtres

Leur alimentation est constituée à 80%-90% de :
- algues microscopiques (Diatomées, Flagellées, Péridiniens)
- spores d’algues
- détritus d’algues diverses.
Dans cette microflore, évoluent des êtres vivants planctoniques animaux ou ZOOPLANCTON dont certains feront parties du menu des huîtres :
- œufs et larves diverses
- restes de petits crustac&es.
Les eaux littorales sont également riches en matières organiques dissoutes (1 à 4 mg/l) formant une autre source de nourriture non négligeable 10% à 20%. De part leur régime alimentaire, les huîtres sont des animaux OMNIVORES MICROPHAGES.



RQ : au dessus du muscle adducteur se trouve une masse blanchâtre parfois noirâtre selon son état. Elle correspond à la masse viscérale et renferme de nombreux organes (hépato-pancréas, estomac, rein, glande sexuelle…). C’est l’état de cette masse qui permet de qualifier l’huître de grasse ou de maigre.

L’huître est en effet grasse (aspect blanchâtre) à 2 moments de l’année :
- en fin d’automne, bien nourrie l’hépato-pancréas s’est enrichi en sucre ou glycogène. C’est donc cette fausse graisse qui donne à l’huître son goût de noisette et rend sa chair croquante ;
- en fin de printemps, juste avant l’émission des produits génitaux, que l’huître soit mâle ou femelle, elle peut être qualifiée là de grasse car ses gamètes sont très riches en lipides. C’est bien alors de la vraie graisse qui peut même s’écouler lors d’une ponte prématurée !…

Elle est enfin maigre et présente une masse viscérale noirâtre où l’hépato-pancréas pauvre en glycogène et en lipides montre par transparence au travers de la peau sa vraie couleur. On le rencontre à 2 moments de l’année également :
- en fin d’été quand les produits génitaux ont été émis ;
- en fin d’hiver, notamment sur l’estran, quand elle a consommé toutes ses réserves et qu’elle s’alimente avec l’eau de mer pauvre en phytoplancton est très turbide. L’huître consomme alors beaucoup d’énergie pour assurer le piégeage et le tri des particules, ce qui se traduit par sa grande maigreur.